La prise en compte du genre au cœur de la lutte contre le VIH

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Après plus d’une trentaine d’année d’existence, le Sida demeure encore une menace pour la santé publique dans le monde et particulièrement au Cameroun. Face à de nouvelles difficultés, des stratégies appropriées sont adoptés pour atteindre les objectifs de la lutte qui actuellement est l’atteinte des trois (03) 95, 95, 95. L’une des obstacles de l’heure est la persistance des inégalités qui entravent les progrès vers l’éradication du Sida. Le sources les plus indiquées montrent que les inégalités sont l’une des principales raisons pour lesquelles les objectifs mondiaux de 2020 n’ont pas été atteints. Par inégalités, on entend la stigmatisation, la discrimination et la criminalisation liée au VIH. Celles-ci accroissent la vulnérabilité au VIH des personnes et rendent les personnes vivant avec le VIH plus susceptibles de mourir de maladies liées au sida. Les populations clés et leurs partenaires sexuels représentent environ 62 % des nouvelles infections dans le monde. Le risque de contracter le VIH est 26 fois plus élevé chez les homosexuels et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, 29 fois plus élevé chez les consommateurs de drogues injectables, 30 fois plus élevé chez les professionnels(le)s du sexe et 13 fois plus élevé chez les personnes. (Stratégie Mondiale de Lutte contre le Sida 2021-2026). Au Cameroun, la prévalence au sein de la population clés est de 20,7% chez les HSH.

Fort de cette triste réalité, La lutte contre les inégalités est plus que jamais une impérieuse nécessité dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida. L’ONUSIDA matérialise son engagement à travers la Stratégie Mondiale contre le Sida 2021-2026 qui est axée sur l’inégalité avec le thème « Mettre fin aux inégalités, mettre fin au Sida ». La stratégie définit les orientations globales pour faire face à ces inégalités liées à l’épidémie dans l’optique de combler les lacunes en matière de prévention, de dépistage, de traitement et de soutien du VIH d’ici 2025 et remettre le monde sur la bonne voie pour mettre fin au sida d’ici 2030. Elle se résume en trois axes prioritaires interdépendantes : (1) : maximiser l’accès égal et équitable aux services et solutions liés au VIH ; (2) : éliminer les obstacles à l’obtention de résultats en matière de VIH ; et (3) : financer pleinement et soutenir des ripostes efficaces au VIH et les intégrer dans les systèmes de santé, de protection sociale, humanitaires et de ripostes aux pandémies. L’heure est donc à l’action de peur que les efforts déjà consenties ne soient piétinées par des pesanteurs qui peuvent être encadrées. C’est dans cette dynamique que l’ONG Affirmative Action qui a pour cible les populations clés et vulnérables, à travers le projet AZIMA financé par Aids and Rights for Outhern Africa (ARASA) s’active. Ce projet a pour objectif de combler les Gaps du Projet Fonds Mondial et de renforcer les connaissances et l’implication des populations les plus vulnérables et affectées par le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose dans le processus de financement du projet Fonds Mondial. Il s’étend jusqu’en décembre 2023 et est à sa première phase d’action (juin-décembre 2021). Dans le cadre de ce projet Affirmative Action a pour mission de renforcer les capacités des réseaux des personnes vivant avec le VIH/Sida et la Coalition de la société civile du Cameroun sur la prise en compte des thématique HSH et TG. A la suite du RECAP+ et RECAJ, c’est au tour de la Coalition de la société civile du Cameroun de lutte contre le Sida, la Tuberculose, le Paludisme et les Hépatites (CSCC-SANTE), qui regroupe environ trois cent (300) organisations de renforcer ses capacités sur l’engagement au sein des réseaux de la prise en compte des besoins et priorités HSH et TG en vue de l’amélioration de l’offre de service lié à la santé et au VIH en direction des HSH et TG à travers un atelier tenu le 19 novembre 2021. Au terme de l’atelier, le personnel de la Coalition et 24 organisations membres ont renforcé leurs connaissances sur le genre et l’orientation sexuelle, les problématiques de genre et l’offre de service spécifiques en direction des HSH et TG via les modules sur : la clarification des valeurs, le Genre et l’orientation sexuelle et l’offre de service. Il faut dire que cette ONG offre un paquet de service qui se résume entre autres à : communication pour le changement de comportement, distribution des préservatif féminin et masculin et des gels ; conseil et dépistage VIH y compris l’auto dépistage ; lien avec les services de prévention et traitement VIH ; diagnostic et traitement ; référence active des cas présumés ; groupes de parole ; suivi psychologique ; traitement médicalement assisté contre la toxicomanie. Tout ceci pour consolider et susciter l’engagement des organisations à la prise en compte des questions de genre et droits humains en vue d’une réponse efficace matière de prévention, de dépistage et prise en charge du VIH/Sida. Cette initiative louable est en effet une matérialisation du combat contre les inégalités dans le processus d’éradication de cette maladie sans lequel cette lutte est perdue d’avance. Elle va permettre de toucher plus de cible pour le changement de comportement en vue de la réduction des inégalités dans l’accès aux services de santé. Au regard de la densité des membres de la Coalition, nous pensons que cette initiative devrait continuer pour toucher plus d’organisation pour un impact durable.

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