Cameroun – violences anti-LGBTQI+

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Lynchage public d’une personne intersexe à Yaoundé – Me Alice Nkom : « depuis qu’on a présenté l’homosexuel au Cameroun comme un sous homme, comme un déchet de la création divine… »

Me Alice Nkom a réagi sur TV5 Afrique après le viol et le lynchage publics d’une personne intersexe, dans un quartier de Yaoundé dimanche dernier.

La défenseuse des droits humains n’a pas ainsi caché son émotion en visionnant la vidéo incriminée.

Pour Me Alice Nkom, la responsabilité des hommes politiques camerounais est en effet engagée. Elle les met en cause dans la situation que les personnes homosexuelles et transgenres vivent au Cameroun.

« Je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens. J’ai eu beaucoup de mal à visionner cette vidéo. J’ai eu un malaise. Et jusqu’à maintenant, le n’arrive pas à regarder ces images là. C’est le comble. On a touché le fond de l’abominable. Je ne sais pas quoi dire. Mais tout cela, c’est la faute des politiciens. Depuis qu’on a présenté l’homosexuel au Cameroun comme un sous homme, comme un déchet de la création divine, ou on vous dit que Dieu les a brûlés et donc ça donne le droit à tout le monde y compris à nos législateurs de les sanctionner alors que les lois que vote le parlement du Cameroun interdisent cela », a déclaré Me Alice Nkom. a vidéo très choquante d’une personne intersexe lynché par des hommes dans un quartier à Yaoundé a été diffusée sur les réseaux sociaux et relayée par TV 5 Afrique dans son journal. Pour Me Alice Nkom, fondatrice de la première association LGBTI camerounaise, rappelle que le Cameroun a ratifié de nombreuses conventions sur la protection des droits humains.

« Les traités que le Cameroun signe à droite et à gauche à l’ONU, à l’Union Africaine, au CommomWealth, à la Francophonie, interdisent cela. Et l’on a aucune réaction du président de la République. La seule réaction que l’on a enregistrée du Président de la République depuis que l’homophobie d’État s’est manifestée, c’est lorsque ces personnes se sont attaquées aux personnalités du gouvernement en 2006 », a indiqué Me Alice Nkom. Le Cameroun est l’un des nombreux pays africains qui criminalisent l’homosexualité.

L’homosexualité est un crime dans ce pays depuis 1972.

L’article 347-1 du code pénal en vigueur punit en effet l’homosexualité d’une peine de six mois à cinq ans. La loi prévoit aussi une amende 20 000 à 200 000 FCFA. La loi camerounaise sanctionne ainsi « toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe. »

https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/invit%C3%A9-du-jour/20210517-alice-nkom-%C3%AAtre-homosexuel-au-cameroun-c-est-vivre-dans-la-terreur-et-la-violence

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