Diabète. Le difficile quotidien des 1000 enfants touchés au Cameroun

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Au Cameroun, les enfants diabétiques ne vivent pas bien leur maladie. « Le plus difficile c’est de pouvoir s’injecter trois fois par jours et sans jamais l’oublier. C’est vraiment difficile », fait savoir Marcelin, jeune diabétique de 16 ans. Ils sont environ 1000 âgés de 0 à 21 ans dont le quotidien se résume en la prise de leur glycémie trois fois par jour à l’aide d’un glucomètre. Ils doivent ensuite s’injecter de l’insuline avec une seringue à insuline et enfin, mangerMais parfois, ce quotidien « peut aussi être entaché d’épisodes d’hypoglycémie pour lesquels il est impératif de corriger par la prise des sucres rapides tels que des jus sucré, carreaux de sucre, miel. L’acidocétose diabétique est également une autre complication aiguë du diabète sucré qui elle aussi, survient chez les patients diabétiques, dont la prise en charge est également urgente », explique le Dr Chetcha Bodieu, pédiatre endocrinologue.

Une cinquantaine d’entre eux sont sous insuline à la Fondation Chantal Biya (FCB) et une soixantaine à l’Hôpital central de Yaoundé (HCY). « Au début dès le diagnostic, il y a comme un déni de la maladie avec toutes ces peurs et angoisses, mais vu que leur pancréas ne sécrète pas, voire secrète peu de l’insuline, ils sont obligés de prendre de l’insuline », poursuit la pédiatre-endocrinologue. Ils reçoivent gratuitement cette insuline et leu frais de traitement (entre 700 mille et un million de Fcfa par an) sont supportés par l’Etat. « C’est un effort majeur du gouvernement et de ses partenaires techniques et financiers », indique sur la radio nationale Crtv, le Pr Eugène Sobngwi, endocrinologue-diabétologue.

La gratuité des soins permet donc à ces jeunes d’avoir accès à l’insuline, aux seringues, qu’ils doivent changer à chaque piqûre. Sont également pris en charge, tout le matériel nécessaire pour contrôler leur taux de sucre dans le sang : les lancettes, les bandelettes à glycémie, et le glucomètre. Ils bénéficient également des hospitalisations. La prise en charge du diabète chez l’enfant est effective au Cameroun depuis 2010 avec la création des cliniques du diabète. Ici, il est mis à la disposition du jeune patient de l’insuline, du matériel pour surveiller sa glycémie et un médecin ou un infirmier d’éducation pour l’accompagner. Le pays en compte 12 cliniques sur l’ensemble du territoire.

Au regard du coût élevé du traitement qui ne permet pas aux parents de payer ces soins, les professionnels de la santé plaident pour que le diabète de l’enfant fasse partie de l’assurance santé mais surtout, pour une meilleure hygiène de vie. « Le principal pilier du programme de diabète est la prévention. La prévention qui comporte des efforts individuels et collectifs », prescrit le Pr Sobngwi. Il s’agit notamment, de « La pratique régulière de l’activité physique, une alimentation saine et équilibrée qui réduit l’huile, le sel et sucre, et qui privilégie les légumes et les aliments peu transformés », énumère celui qui est par ailleurs Directeur de l’Organisation des soins et de la technologie sanitaire au ministère de la Santé publique.

2% de décès annuels

Le Cameroun compte officiellement plus d’un million de diabétiques et un taux de prévalence de 6%. Parmi eux, 10%, sont insulino-dépendants. La grande partie de ces insulino-dépendants sont des enfants dont l’âge varie entre 0 et 21 ans. Soit environ 1000 enfants et jeunes adultes touchés par le diabète de type 1 en terres camerounaises. Cette maladie chronique caractérisée par la présence d’un excès de sucre dans le sang appelé «hyperglycémie» est la 5e cause de mortalité et représente 2% de décès annuels au Cameroun.

« S’il n’est pas contrôlé, s’il n’est pas pris en charge et si l’on ne modifie pas les modes de vie qui en sont les déterminants, le diabète peut entraîner une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, une insuffisance rénale, l’amputation de membres inférieurs, une déficience visuelle, la cécité et des lésions nerveuses, y compris des troubles de la fonction érectile », prévient le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique. Elle exhorte donc les gouvernements à investir pour que des produits essentiels tels que l’insuline, les glucomètres et les bandelettes réactives soient mis à la disposition de toutes les communautés.

A noter que la Journée mondiale du diabète célébrée chaque 14 novembre a été instituée pour sensibiliser le grand public à la charge croissante de cette maladie et aux stratégies que l’on doit mettre en œuvre pour la prévenir et la traiter. Le thème retenu pour cette année est « Accès aux soins du diabète ». Il restera valable jusqu’en 2023.

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